29 janvier 2017

Jean Giono Lettre aux paysans pour la pauvreté et pour la paix (1938) ou L'homme naturel

Il arrive un moment où, à cause de mon intimité avec la pensée de Jean Giono, je ne sais plus si je me reconnais parfaitement dans son œuvre en raison d’une communauté de pensée avec lui ou si cette communauté de pensée résulte de ma perméabilité à son œuvre. Autrement dit, pense-t-il comme moi ou pensé-je comme lui ? Si on s’en tient à la chronologie des faits, sa pensée est évidemment antérieure à la mienne. Elle est même bougrement moderne, voire prophétique, puisque « Lettre aux paysans » date de 1938. Mais alors qu’il n’avait que le bon sens pour s’exprimer et une étonnante propension à la pensée autonome, son œuvre cadre étrangement avec le courant de pensée contemporain qui, en période de crise, remet en cause le capitalisme dont l’impact sur l’écologie, ignoré alors qu’il n’était que supposé (co², réchauffement de la planète) commence à inquiéter. Et c’est justement la modernité de sa pensée qui me permet cette confusion entre mon adhésion à « l’air du temps », productrice d’une certaine dissidence comme phénomène presque biologique de réaction aux excès d’un système et à la clairvoyance de Giono.

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